Lycée Chateaubriand, Rennes
Après avoir obtenu mon baccalauréat avec mention très bien, j’ai suivi les conseils de mes professeurs de physique et de mathématiques pour entrer dans le monde exigeant des Classes Préparatoires aux Grandes Écoles (CPGE).
Arrivant avec confiance, puisque j’avais réussi le BAC assez facilement, je me suis vite heurté à ce que les étudiants appellent le « mur de la prépa ». Le rythme, la charge de travail et les attentes dépassaient tout ce que j’avais connu jusque-là. C’était le début d’une expérience intense de deux ans, qui m’a laissé des souvenirs durables — à la fois exigeants et gratifiants.
Choisir sa voie
J’avais le choix entre Chateaubriand à Rennes et Clémenceau à Nantes, tous deux proches de chez moi. Au départ, je souhaitais suivre la filière PSI (Physique et Sciences de l’Ingénieur), mieux classée, et l’un de mes meilleurs amis avait fait le même choix. Finalement, j’ai opté pour la filière PC (Physique-Chimie), qui correspondait mieux à mes points forts et à mes intérêts.
Les classes préparatoires sont exigeantes, mais elles poussent les étudiants à viser toujours plus haut. En même temps, j’ai réalisé que certaines petites écoles spécialisées sont parfois sous-estimées au profit de grandes institutions qui forment surtout des managers plutôt que des experts (par exemple, Centrale).
La vie en prépa
Le rythme était intense : un programme dense, du travail quotidien, et même des examens le samedi matin. L’enseignement était très théorique, mais les travaux pratiques et les projets TIPE apportaient une dimension plus appliquée.
Il existe également des “classes étoile”, qui regroupent les meilleurs étudiants de chaque filière. J’ai frôlé l’entrée dans l’une d’elles (deux places seulement m’en séparaient sur 24), et avec le recul, tant mieux. Être dans un environnement un peu moins compétitif m’a permis de mieux performer, d’exprimer mes connaissances avec plus de confiance, et de profiter d’une ambiance plus bienveillante.
Projets (TIPE)
Le TIPE (Travaux d’Initiative Personnelle Encadrés) a été l’un des aspects les plus enrichissants du programme. J’ai travaillé sur :
- Train supraconducteur — un projet explorant les principes de la lévitation magnétique à l’aide de supraconducteurs.
- Verre autonettoyant — une étude sur l’interaction des gouttes d’eau avec différentes surfaces et sur la manière dont les nanostructures peuvent créer des matériaux auto-nettoyants.
Ces projets m’ont donné un premier aperçu de la physique appliquée et des sciences des matériaux, reliant la théorie abstraite aux applications concrètes.
Bilan
Au final, j’ai intégré Phelma – Grenoble INP via le concours CCINP, avec une moyenne de 14,14. Pas exceptionnelle, mais suffisante pour obtenir mon école de premier choix.
Phelma m’a particulièrement attiré pour son focus sur les sciences des matériaux et le génie nucléaire, même si mes professeurs m’avaient conseillé de viser “plus haut”. Une fois sur place, j’ai découvert la diversité des étudiants : beaucoup venaient de différentes filières de CPGE, certains avaient redoublé (“5/2”), et d’autres venaient des classes étoile. Cette diversité m’a fait questionner la hiérarchie souvent présentée dans le système français.
J’ai aussi entendu des étudiants de Centrale dire que leurs programmes étaient davantage orientés vers le management que vers la profondeur technique, renforçant mon opinion que les classes préparatoires servent souvent plus à la compétition pour le prestige qu’à la formation d’experts en ingénierie.
Réflexion
Même si les classes préparatoires ont été exigeantes, elles m’ont apporté de la résilience, des bases solides en physique et en mathématiques, et la capacité de travailler sous pression. Plus important encore, elles m’ont permis de définir ce que je valorise dans mes études : pas seulement le prestige, mais la véritable connaissance technique et des projets significatifs.